Vous êtes salarié et vous voulez changer de métier sans renoncer à votre salaire ? Depuis 2026, un nouveau dispositif le permet : la période de reconversion. Elle remplace la Pro-A et s'appuie sur le principe de l'alternance.
En résumé : la période de reconversion permet à un salarié du secteur privé de se former en alternance pour décrocher une nouvelle qualification, sans démissionner. La formation (150 à 450 heures sur 12 mois maximum) est financée par l'OPCO de l'entreprise, le contrat de travail est maintenu en reconversion interne, et l'accord du salarié comme de l'employeur est indispensable.
Pourquoi la Pro-A a-t-elle disparu en 2026 ?
Jusqu'à fin 2025, un salarié pouvait se reconvertir grâce à la Pro-A (reconversion ou promotion par alternance). Depuis le 1er janvier 2026, il n'est plus possible de conclure une Pro-A : seuls les avenants signés avant cette date continuent de produire leurs effets.
À la place, le Code du travail (articles L6324-1 à L6324-11) instaure la période de reconversion, un dispositif plus souple, ouvert à tous les salariés sans condition d'âge ni de niveau de diplôme.
En quoi consiste la période de reconversion ?

L'objectif est d'acquérir une nouvelle qualification par l'alternance : formation théorique + mise en pratique en entreprise. La qualification visée doit être :
- une certification enregistrée au RNCP (diplôme ou titre professionnel) ;
- ou un CQP / CQPI (certificat de qualification professionnelle de branche) ;
- ou le certificat CléA, qui atteste la maîtrise des savoirs de base.
La période peut être interne (vous changez de poste dans votre entreprise) ou externe (vous partez vous former dans une autre entreprise).
Faut-il quitter son emploi ?
Non : c'est tout l'intérêt du dispositif. La sécurité de l'emploi est préservée pendant que vous montez en compétences.
Les règles diffèrent selon le type de reconversion :
| Critère | Reconversion interne | Reconversion externe |
|---|---|---|
| Contrat d'origine | Maintenu | Suspendu |
| Nouveau contrat | Aucun | CDI ou CDD ≥ 6 mois (entreprise d'accueil) |
| Rémunération | Maintenue à l'identique | Fixée par le nouveau contrat |
| Retour possible | Sans objet | Oui, à votre poste ou équivalent |
En reconversion externe, si l'expérience est concluante, le contrat d'origine est rompu (rupture conventionnelle pour un CDI) ; sinon, vous retrouvez votre poste initial ou un poste équivalent, avec une rémunération au moins égale.
Durée et rémunération : ce qu'il faut retenir
La période de reconversion ne peut pas dépasser 12 mois, avec une formation comprise entre 150 et 450 heures. Un accord d'entreprise ou de branche peut porter ces volumes jusqu'à 2 100 heures sur 36 mois. Le certificat CléA n'est pas soumis à ces plafonds.
Côté rémunération, en interne, vous conservez votre salaire sans modification. En externe, c'est le nouveau contrat qui la détermine. Vous restez couvert par la Sécurité sociale (accidents du travail et maladies professionnelles inclus). Si votre projet est plutôt un premier diplôme ou une montée en compétences sans changer d'employeur, comparez aussi avec le contrat de professionnalisation et nos explications sur apprentissage ou professionnalisation.
Comment lancer une période de reconversion ?
La démarche repose sur un accord écrit entre vous et votre employeur (un formulaire Cerfa officialise cet accord). Ni l'un ni l'autre ne peut l'imposer : le dispositif est co-construit, sur la base du volontariat.
Le financement des coûts pédagogiques est assuré par l'OPCO de l'entreprise, à la demande de l'employeur. Vous pouvez compléter en mobilisant votre CPF, mais l'organisme de formation n'a pas le droit de vous facturer de reste à charge.
Pour préparer votre projet, identifiez d'abord le métier visé grâce à notre annuaire des métiers, puis repérez les formations en alternance qui mènent à la certification recherchée. Et si vous hésitez encore sur le bon dispositif, notre tour d'horizon des aides financières vous aidera à boucler le budget.