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Travail social en alternance 2027 : sélections et employeurs

On parle peu du travail social quand on évoque l'alternance. C'est pourtant l'un des rares secteurs où le rapport de force est inversé : ce ne sont pas les candidats qui courent après les employeurs, ce sont les associations gestionnaires, les foyers, les MECS et les services d'aide à domicile qui n'arrivent pas à remplir leurs postes. Les diplômes d'État du secteur — DEAES, DEME, DEES, DEASS, CAFERUIS — s'ouvrent progressivement à l'apprentissage, et un candidat sérieux qui vise la rentrée 2027 a de vraies chances de signer.

En résumé : les métiers du travail social se préparent en apprentissage dans la plupart des établissements de formation en travail social (EFTS), souvent adossés à un CFA régional du sanitaire et social. Les sélections pour la rentrée de septembre 2027 s'ouvrent dès janvier-février 2027 (Parcoursup pour le DEES, le DEASS et l'ES éducateur de jeunes enfants ; dossier + entretien hors Parcoursup pour le DEAES, le DEME en voie directe et le CAFERUIS). Les employeurs sont majoritairement associatifs — Apprentis d'Auteuil, Fondation Les Nids, Groupe SOS, Adapei et Papillons Blancs, APF France handicap, Sauvegarde départementales, Croix-Rouge française, Fondation Armée du Salut — complétés par les départements (ASE, PMI, services sociaux) et les CCAS. Le financement passe par l'OPCO Santé pour le secteur privé non lucratif, et par le FIPHFP ou les budgets propres pour les employeurs publics.

Bureau noir vide avec lampe articulée, chaise ergonomique blanche et étagères dans un espace de travail

Pourquoi le secteur social recrute des alternants en 2027

Trois dynamiques se cumulent, et elles sont documentées.

Les départs à la retraite. La DREES, service statistique des ministères sociaux, suit depuis des années une pyramide des âges défavorable dans le travail social : une part importante des éducateurs spécialisés et des moniteurs éducateurs en poste a plus de cinquante ans. Les remplacements ne sont pas assurés par les seules promotions en formation initiale.

Les postes vacants chroniques. Les fédérations employeuses (Nexem, Uniopss, Fehap) alertent régulièrement sur des milliers de postes non pourvus dans la protection de l'enfance, le handicap et l'aide à domicile. Dans certains départements, des unités de vie fonctionnent en effectif dégradé. Pour un employeur, l'apprentissage est devenu une stratégie de pré-recrutement assumée : on forme soi-même celui ou celle qu'on embauchera.

La diversification des voies d'accès. Les diplômes d'État du travail social sont historiquement passés par la formation initiale classique ou la formation continue de salariés déjà en poste. L'apprentissage était marginal. Il s'est développé après la réforme de 2018, puis la réingénierie des diplômes de niveau 3 et 5. Aujourd'hui, la plupart des grands EFTS (IRTS, IRTESS, Askoria, Buc Ressources, ETSUP, Institut Saint-Simon, ARIFTS…) proposent au moins un parcours en apprentissage.

Conséquence très concrète : vous n'êtes plus obligé de choisir entre « étudiant sans revenu pendant trois ans » et « salarié qui reprend ses études ». Le contrat d'apprentissage ouvre une troisième porte.

Les diplômes concernés, du niveau 3 au niveau 6

DiplômeNiveauDurée en alternanceAccès
DEAES (accompagnant éducatif et social)3 (CAP)12 à 18 moisDossier + entretien, hors Parcoursup
DEME (moniteur éducateur)4 (bac)2 ansDossier + entretien, selon EFTS
DEES (éducateur spécialisé)6 (bac+3)3 ansParcoursup en voie directe
DEEJE (éducateur de jeunes enfants)63 ansParcoursup
DEASS (assistant de service social)63 ansParcoursup
DETISF (technicien de l'intervention sociale et familiale)418 à 24 moisDossier + entretien
CAFERUIS (encadrement)612 à 24 moisSélection EFTS, expérience requise
CAFDES (direction)724 à 30 moisSélection, concours d'entrée

Deux remarques utiles. D'abord, le DEAES est la porte d'entrée la plus accessible : pas de condition de diplôme, une sélection courte, et des employeurs qui recrutent toute l'année. Beaucoup d'alternants l'utilisent comme marchepied vers le DEME, puis le DEES. Ensuite, le CAFERUIS n'est pas un diplôme de première insertion : il s'adresse à des professionnels qui encadrent déjà ou vont encadrer une équipe. En alternance, il se signe le plus souvent dans l'établissement où l'on travaille déjà, via une reconversion interne — la logique est proche de celle décrite dans notre article sur la période de reconversion pour se former sans démissionner.

Le calendrier des candidatures pour la rentrée 2027

C'est le point qui fait perdre le plus de places. Il y a deux calendriers parallèles : celui de l'école et celui de l'employeur. Les deux doivent aboutir avant septembre.

Novembre 2026 – janvier 2027 : repérer les EFTS

Les journées portes ouvertes des instituts régionaux du travail social se tiennent de novembre à mars. C'est là qu'on apprend si l'établissement propose réellement l'apprentissage sur le diplôme visé — tous ne le font pas, et certains le réservent à une partie de la promotion. Posez trois questions à chaque fois : quel est le rythme d'alternance exact, l'école aide-t-elle à trouver l'employeur, et combien d'apprentis la dernière promotion comptait-elle.

20 janvier – 13 mars 2027 : Parcoursup pour les diplômes de niveau 6

Le DEES, le DEASS et le DEEJE en voie directe passent par Parcoursup. L'ouverture du dossier et la formulation des vœux se font de mi-janvier à mi-mars, la confirmation début avril, les réponses à partir de fin mai-début juin. Le dossier Parcoursup ne suffit pas : pour un parcours en apprentissage, il faut ensuite décrocher le contrat. Notre guide sur la phase d'admission Parcoursup et les vœux en alternance détaille le mécanisme, identique d'une année sur l'autre.

Janvier – mai 2027 : sélections hors Parcoursup

Le DEAES, le DEME (dans de nombreux EFTS), le DETISF et le CAFERUIS fonctionnent par dossier puis entretien de motivation, avec plusieurs sessions échelonnées. Les premières commissions tombent souvent en février, les dernières en juin-juillet pour les places restantes. Inscrivez-vous à la première session : les jurys sont moins saturés et l'école vous orientera plus tôt vers son réseau d'employeurs partenaires.

Février – juillet 2027 : la recherche de l'employeur

C'est la vraie course. Les associations publient leurs offres d'apprentissage au fil de l'eau, rarement sur des plateformes grand public, souvent sur leur propre site « rejoignez-nous » ou via les bourses de l'emploi des fédérations. Candidatez large et tôt — la méthode décrite dans notre article sur la candidature spontanée en alternance est particulièrement adaptée à ce secteur, où le spontané fonctionne mieux que la réponse à annonce.

Jeune femme en veste noire assise face à un recruteur tenant un CV sur un porte-bloc lors d'un entretien

Qui recrute : la carte des employeurs

Les grandes associations gestionnaires nationales

Elles gèrent des centaines d'établissements et ont une direction des ressources humaines structurée, donc un vrai circuit d'apprentissage.

  • Apprentis d'Auteuil : protection de l'enfance, insertion, scolarité adaptée. Recrute des apprentis éducateurs sur une large partie du territoire.
  • Fondation Les Nids, Sauvegarde de l'enfance départementales : MECS, AEMO, placement éducatif à domicile.
  • Groupe SOS Jeunesse et Solidarités : hébergement d'urgence, protection de l'enfance, asile.
  • Adapei, Papillons Blancs, Unapei : handicap intellectuel, IME, ESAT, foyers de vie. Gros volume de postes en moniteur éducateur et AES.
  • APF France handicap, Fondation Perce-Neige, Les PEP : handicap moteur, polyhandicap, médico-éducatif.
  • Croix-Rouge française et Fondation Armée du Salut : hébergement, précarité, grand âge. La Croix-Rouge est aussi organisme de formation, ce qui simplifie l'articulation école-entreprise.
  • Fondation Abbé Pierre, Emmaüs Solidarité, Aurore : accompagnement social lié au logement, en Île-de-France surtout.

Les employeurs publics

Les conseils départementaux sont les premiers financeurs et employeurs du social : aide sociale à l'enfance, PMI, services sociaux de proximité, maisons départementales des solidarités. Ils recrutent des apprentis assistants de service social et éducateurs spécialisés, avec des campagnes qui s'ouvrent souvent en mars-avril. Les CCAS des villes moyennes et grandes, les CIAS intercommunaux et les établissements publics médico-sociaux complètent le tableau. Les règles d'accueil d'un apprenti dans ces structures sont celles de l'apprentissage public, détaillées dans notre guide de l'alternance dans la fonction publique.

Le domicile et le grand âge

C'est le gisement le moins connu et le plus ouvert : ADMR, UNA, Une Famille, Vitalliance, Domitys, services d'aide et d'accompagnement à domicile, SSIAD, EHPAD associatifs et publics. Les besoins en AES et en TISF y sont massifs, les recrutements quasi permanents, et la concurrence entre candidats faible. Le permis B et un véhicule sont souvent indispensables en milieu rural.

Le financement du contrat en 2027

Pour l'employeur privé non lucratif, l'OPCO de référence est OPCO Santé (qui couvre la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif) ; certains employeurs du domicile relèvent d'Akto ou d'Uniformation selon leur convention collective. C'est l'OPCO qui verse le niveau de prise en charge (NPEC) à l'établissement de formation. Les évolutions récentes de ces montants — et leurs conséquences sur le nombre de places ouvertes — sont décrites dans notre dossier sur la réforme du financement de l'apprentissage et les NPEC.

Deux points de vigilance propres au secteur :

  1. Le reste à charge employeur. Depuis 2025-2026, une participation financière s'applique à certains contrats de niveau bac+3 et plus. Dans un secteur aux budgets contraints et tarifés par les autorités de contrôle (ARS, départements), ce reste à charge pèse sur la décision. Notre article sur le reste à charge de 750 € en apprentissage explique le mécanisme. Argument utile en entretien : vous connaissez le sujet, vous ne débarquez pas.
  2. Le double statut. Un salarié déjà en poste qui prépare un CAFERUIS ne passe pas par l'apprentissage mais par d'autres dispositifs. Vérifiez auprès de l'EFTS quelle voie vous est ouverte avant de construire votre projet.

Réussir la sélection : ce que cherchent les jurys

Les entretiens de sélection des EFTS ne ressemblent pas à un entretien d'embauche classique. Le jury — souvent un formateur et un professionnel de terrain — cherche à mesurer trois choses.

Votre connaissance du réel. On vous demandera ce que fait concrètement un moniteur éducateur un mardi après-midi. Une réponse abstraite sur « l'envie d'aider » est éliminatoire. Un service civique, du bénévolat, un job d'été en colonie, un remplacement en EHPAD valent plus que n'importe quel discours. Si vous n'avez rien, prenez trois mois pour construire cette expérience avant de candidater.

Votre capacité à prendre du recul. Les jurys testent la distance professionnelle : comment réagissez-vous face à un adolescent qui vous insulte, à une famille hostile, à un collègue qui ne fait pas son travail ? Il n'y a pas de bonne réponse, il y a des réponses réfléchies. Lire en amont un ouvrage de référence comme un manuel de l'éducateur spécialisé, ou le rapport annuel de la Défenseure des droits consacré à l'enfance, donne du vocabulaire et des repères.

Votre écrit. Le travail social écrit énormément : notes d'incident, rapports éducatifs, écrits judiciaires pour le juge des enfants. L'épreuve de dossier comporte presque toujours une production écrite. Travailler cette compétence avec un guide d'expression écrite professionnelle avant la sélection n'a rien d'accessoire, c'est le premier filtre réel.

Jeune femme en chemise orange tenant un document, assise sur un bureau dans un open space avec deux collègues

S'organiser une fois le contrat signé

Le rythme d'alternance du social est atypique : des blocs de plusieurs semaines en centre de formation alternant avec des périodes longues sur site, plus des stages « hors employeur » obligatoires dans un autre type de public. Ce dernier point surprend : le référentiel exige une diversité d'expériences, donc vous quitterez temporairement votre employeur. Anticipez-le avec lui dès la signature.

Trois conseils pratiques pour tenir la distance :

  • Le travail en horaires décalés (internat, soirées, week-ends) est la norme en protection de l'enfance et en foyer. Un réveil simulateur d'aube aide réellement quand on enchaîne les levers à cinq heures. Vérifiez le planning type avant de signer, pas après.
  • Les écrits professionnels se rédigent souvent dans les transports ou entre deux temps de présence : un ordinateur portable léger et une bonne autonomie changent la vie d'un apprenti éducateur plus que n'importe quel logiciel.
  • La charge émotionnelle est réelle. Les analyses de pratiques en équipe existent pour ça, utilisez-les. Et si la relation avec votre tuteur se tend, notre article sur la gestion des conflits avec son maître d'apprentissage donne la marche à suivre avant que la situation ne devienne ingérable.

Pour les déplacements multiples entre établissement, domiciles et centre de formation, un sac à dos professionnel imperméable et un thermos isotherme figurent dans l'équipement de base de tous les éducateurs de rue et intervenants à domicile que l'on croise — ce ne sont pas des gadgets, ce sont des outils de terrain.

Les débouchés après le diplôme

C'est là que le secteur se distingue vraiment. Les taux d'insertion à six mois des diplômés du travail social figurent parmi les plus élevés toutes filières confondues, portés par la pénurie structurelle de professionnels. Un moniteur éducateur ou un AES diplômé en alternance, déjà connu de son employeur, se voit proposer un CDI dans la grande majorité des cas — c'est d'ailleurs la logique économique qui pousse les associations à recruter des apprentis. Si votre employeur vous le propose, préparez cette discussion sérieusement : notre article sur l'entretien de fin d'alternance et la négociation du CDI vous servira.

Et pour ceux qui veulent monter en responsabilité, l'escalier est lisible : AES → moniteur éducateur → éducateur spécialisé → CAFERUIS (chef de service) → CAFDES (direction d'établissement). Chaque marche peut se franchir en alternance ou en formation continue, avec des passerelles et des allègements de parcours accordés par les EFTS au vu des diplômes déjà obtenus.

Le conseil qui revient le plus souvent chez les formateurs : ne visez pas le diplôme le plus élevé possible d'emblée. Un DEAES obtenu en un an dans un foyer où l'on vous garde ensuite vaut mieux qu'un vœu DEES refusé sur Parcoursup faute d'expérience de terrain.

Trois erreurs à éviter

  1. Confondre admission à l'école et contrat signé. Être admis dans un IRTS ne garantit rien si vous n'avez pas d'employeur. Menez les deux démarches en parallèle dès janvier.
  2. Ne candidater qu'aux grandes associations connues. Les petites structures locales — une MECS de vingt places, un SESSAD, un CCAS de ville moyenne — recrutent aussi et reçoivent dix fois moins de candidatures.
  3. Négliger la mobilité. Dans le social, un refus sur un poste est très souvent un problème géographique, pas de profil. Élargir votre périmètre de trente kilomètres multiplie vos chances.

Le travail social n'est pas un secteur facile, mais c'est l'un des rares où l'alternance débouche presque mécaniquement sur un emploi. En 2027, les places existent. Ce qui manque, ce sont les candidats qui s'y prennent assez tôt.

Questions fréquentes

Quel est le taux d'insertion des apprentis en 2026 ?

Selon les chiffres InserJeunes publiés par la DEPP et la Dares (note d'information n° 25.69, décembre 2025), 62 % des apprentis de niveau CAP à BTS sortis d'études en 2024 qui ne poursuivent pas leurs études occupent un emploi salarié six mois après leur sortie (mesure de janvier 2025), dont 58 % dans le secteur privé.

L'alternance permet-elle vraiment de mieux s'insérer que la voie scolaire ?

Oui. À niveau comparable, 62 % des apprentis sont en emploi six mois après leurs études, contre 41 % des élèves sortis de la voie scolaire professionnelle. L'écart s'explique par l'expérience en entreprise acquise pendant le contrat.

Le taux d'insertion dépend-il du diplôme préparé ?

Nettement. Six mois après la sortie, le taux d'emploi salarié atteint 56 % après un CAP, 64 % après un bac pro, 65 % après un BTS et 71 % après un brevet professionnel (BP). Décrocher le diplôme améliore aussi les chances : 66 % des diplômés sont en emploi salarié, contre 54 % des non-diplômés.

Le taux d'insertion a-t-il baissé récemment ?

Oui : il recule de 3,2 points par rapport à la génération précédente (66 % pour les sortants de 2023), en lien avec le ralentissement de la conjoncture économique. L'alternance conserve malgré tout une avance importante sur la voie scolaire classique.

Comment maximiser ses chances de décrocher un emploi après l'alternance ?

Viser un diplôme reconnu (RNCP), choisir un secteur qui recrute, soigner son réseau en entreprise pendant le contrat et commencer ses recherches avant la fin de la formation. Nos guides et offres en alternance vous aident à cibler les bons secteurs.

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